mercredi 11 avril 2012

Etui monochrome


Etui en cuir de chevre, pour mon couteau monochrome


J'ai horreur des étuis trop gros. Pour moi, un couteau, ça doit rentrer dans la poche, ou au pire, dans le sac.


Le bourrelet en cuir à la base de l'étui, sert à pousser l'étui juste avec le pouce. On a donc accès au couteau d'une seule main.


mardi 10 avril 2012

Couteaux de table...en noir et blanc


Et voilà, cela fait environ un an que j'ai commencé mon apprentissage de la forge avec Ong Kin (cinq mois) au Vietnam !
et environ 2 mois que je forge tout seul ou avec Thomas, a Barre...avec un seul marteau.

après deux mois à me concentrer sur la forge elle-même et tous les étapes qui en découlent, j'ai réalisé que finalement en un an je n'ai même pas "un couteau à moi" !
C'est désormais chose faite! Voilà donc un petit couteau de table et/ou de tous les jours, léger et discret...

La lame est (comme d'habitude) en acier de lame de ressort, trempe sélective.
Pour un photographe, je voulais un couteau en noir et blanc...donc, noir et blanc sur l'émouture, et noir et blanc sur le manche...
J'ai donc utilisé un morceau de tibia de girafe (si, si...un coutelier m'avait donné ça en Afrique du Sud) et un morceau d'ébène (un artisan nous l'avait donné, au Mali) pour un contraste sans... nuances !

Je vous l'ai déjà dit sur mon blog : je ne suis pas fan des bois exotiques et/ou rares (ébène, bois de fer, bois de rose, ivoire plus ou moins illégal, ivoire de mamouth fossilisée, défense de morse et tout le touintouin qui épate la galerie). Il y a tellement de jolis bois "communs" : l'if, le buis, le noyer...Alors, utiliser tel ou tel matériau "juste parce que c'est rare", bof.
Sauf (et c'est le cas ici) si on me les donne ou bien si je les trouve moi-même.

Donc, je refuse d'acheter (et de vendre) ce genre de bois. Les rares chutes d'ébène et ivoire (j'ai trouvé une plaquette un jour à la brocante mais il semble très ancien) seront donc uniquement pour les couteaux que je donne.
Un bon compromis, en fait, serait l'ivoire végétal. Mais les noix sont trop petites.

Notez par contre, que l'os de girafe et les défenses de phacochères, sont très courants en Afrique du sud, à tel point d'ailleurs qu'on en fait des porte-clés, que les manches en os sont communs, et que les manches en bois ont plus de valeur !


Un autre couteau de table, manche en if.


à vendre


Vous m'avez souvent demandé où trouver des pierres à aiguiser de qualité...
Or il y a trois types de pierres renommées : la pierre de Belgique, les pierres japonaises, et les pierres Arkansas véritables.
Pour moi le choix est vite fait, j'ai toujours eu des Arkansas.
Ce sont des pierres très dures, inusables.
Seul hic : elles sont assez difficiles à trouver en france, notamment la version "black arkansas" qui est la plus fine. Et elles coutent cher : environ 15euros pour une blanche de 10cm.

Donc j'ai passé une commande spéciale avec mon fournisseur planqué dans les Ouachita mountains...et il m'a découpé une vingtaine de black arkansas en dimensions 8x3cm, parfaites pour des pierres de poche et largement suffisantes pour des couteaux (sauf grandes lames de cuisine). Il est habitué à ces commandes spéciales : il m'avait déjà coupé une pierre géante de 3kg pour mes finitions.

Alors voilà, pour tout couteau acheté plus de 50 euros , vous recevrez une pierre gratuite pour l'entretien de votre lame!


Parce que finalement, même quand on a un backstand, rien ne vaut l'aiguisage à la main. Même si on finit par se poncer l'index et le majeur

samedi 7 avril 2012

Retour à la forge

Hello,
après 5 mois à la Réunion, me voilà de retour à Barre ... Dès le lendemain j'ai repris le marteau et la paire de pinces... Un peu mal aux mains, mais ça va. On a installé une barre de tractions pour éviter d'avoir des bras déséquilibrés comme c'était le cas l'année dernière.

voilà en vrac, les dernieres lames, pas finies pour la plupart (décidément, le martelage me plaît plus que le travail des manches).
Toutes les lames sont en trempe sélective et peuvent être achetées avec ou sans manche (pour les monter soi même)

Voilà un petit "wakisashi", qui est le sabre court porté par les samourais à côté de leur sabre long.



Il n'a pas encore été trempé car il fait 38cm et le bac de trempe est trop petit.

Ne pas confondre avec le sabre, poisson des profondeurs


aux dents aussi acérées qu'un sabre...


Petit coupe-papier courbe. Le manche sera fait en cuir.
16 euros


Lame en chisel pour droitier.


Petit coupe papier de poche, manche en if (sur la photo il n'est pas encore poli)
Prix 22 euros.


Lame flexible, pour couteau à poisson. Le manche sera fait en bois de natte d'Afrique
Prix 50euros à monter ou 80euros avec manche.


Le plus petit couteau du monde, forgé comme il se doit avec le gros marteau.
Histoire de prouver qu'on peut forger du petit avec un gros marteau, tandis que le contraire est impossible.
Prix symbolique 5 euros (réservé...)


Mon premier couteau avec manche réellement fini. Avec l'aide de Thomas nous avons fait un manche en deux parties : en bois d'amaranthe (violet) et avec bague en bois de buis (jaune).
Il est en émouture chisel pour droitier.


Sur la photo il n'était pas encore aiguisé. Par la suite j'ai fait l'aiguisage et le polissage entièrement à la main.
Réservé


Premier essai de forge d'une paire de ciseaux à la vietnamienne. Comme je n'ai jamais vu Ong Kin le faire, j'ai dû le faire au feeling.
Nous n'avons pas encore fait l'ajustage et le rivetage.
Mais des paires de ciseaux en acier de ressort trempé, ça permet de couper des tôles et des petits cables d'acier !


Coupe-papier en lame de ressort.
45euros (réservé)



A noter que pour les couteaux vendus plus de 50 euros une pierre Arkansas black (pierre très fine introuvable en france) sera fournie.

vendredi 9 décembre 2011

A l'ancienne

Je continue (doucement) la mise en manches des lames de Vinh. Celle que je vous présente aujourd'hui à, en réalité, été forgée au Vietnam par Ong Kin à l'attention d'un amateur de belles lames et des jolies images (un certain Coutographe...).

La lame était à monter sur soie, c'est à dire qu'elle se prolonge d'un tige qui s'encastre dans un manche, le plus souvent en bois. Il s'agit ici d'une soie haute, directement dans le prolongement du dos de la lame (et non centrée). J'arrête la technique magistrale pour vous parler de mon travail sur le manche. J'ai choisi du buis et je suis vraiment emballé par cette essence, solide, dense et très légère, douce en main, avec de belles nervures révélées à l'huile de lin.



Mais je me suis imposé trois contraintes :

- faire "à l'ancienne", à la main, sans electromécanique (ou presque), ni colle epoxy. Respecter cette lame brute, rayée, griffée en réalisant un manche à la finition solide, presque usée par un temps imaginaire. Un couteau fait pour servir en toutes circonstances. Connaissant le raffinement dont fait preuve le futur propriétaire sur son blog, le pari est osé... Le manche est monté à chaud et riveté avec une tige d'acier matée au marteau boule.

- ensuite, j'ai imaginé tout de suite une garde, en acier brossé. Pour un simple raison de sécurité (sur un couteau sans ricasso pour arrêter les doigts) mais aussi une esthétique en accord avec cette soie haute. La garde a été fixée en force à chaud, avec une légère brasure à l'étain pour la "finition".

- enfin, ne pouvant trancher entre un manche rond et un manche rectangulaire, j'ai mélangé les deux, au départ rectangle comme la garde pour finir arrondi à l'autre extrémité. En main, la prise est ferme, la main ne glisse pas, un vrai utilitaire !



J'attends avec impatience vos commentaires, sur un couteau fait aujourd'hui... ou il y 100 ans, je ne sais plus en le regardant...

[ cliquez sur les photos pour agrandir ]












mercredi 9 novembre 2011

Un air préhistorique


Vinh a fait une lame d'inspiration préhistorique, dont la forme imite celle des silex taillés.

Lorsque je l'ai reçu, j'avoue ne pas avoir accroché... je préfère l'histoire plusieurs siècles après. Et puis est arrivé ce crâne de chevreuil, qui a fait ressortir en moi des instincts de Cro Magnon.


Les bois de chevreuil sont denses, et pleins (contrairement au bois de cerf par exemple), très durs tout en restant légers. Une fois en main, cela forme naturellement un manche parfait. La matière pourrait faire penser à de la résine, et ce fut pour moi un découverte.

Cela convenait parfaitement à cette lame préhistorique.




J'ai donc réalisé un montage sur soie, en perçant le bois le plus torturé, en forme de S. La soie a été montée à chaud, comme Vinh en a fait la démonstration précédemment. Pour la garde, la jonction entre la base de la lame et le bois, j'ai utilisé du cuir.

Pour l'anecdote, mais aussi en hommage, j'ai réutilisé un lacet de cuir qui équipait le couteau tanto de Vinh il y a quelques temps... Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme. Un premier morceau pour la garde, un autre à l’extrémité, là où la soie ressort du bois. La main est confortablement agrippée au cuir et bien calée.

Restait à faire des photos "d'époque". Quoi de mieux qu'une grotte pour faire revivre l'imaginaire rupestre. Une fois posé dans les feuilles mortes de l'automne, je crois l'avoir trouvé beau.










mercredi 2 novembre 2011

Le petit beurre

Pour mon premier manche, j'ai choisi le petit couteau à beurre en piemontais. Et oui, mon fils Victor avait insisté, et je pensais qu'un couteau si petit serait facile pour commencer... et bien non.

Le piemontais est une technique de couteau pliant très ancien, datant probablement des romains. Le principe est simple : la lame est prolongée par un tige métallique, parfois décorée, appelée lentille, qui s'encastre dans une fente au dos du manche en position ouverte. La lame tient ainsi ouverte en toute sécurité et ne se referme pas sur les doigts de l'utilisateur (c'est mieux !).

J'ai donc utilisé une plaquette épaisse de buis que j'ai travaillé en forme de galet, une forme arrondie pour conserver l'esprit de cette lame de couteau à beurre. Un manche à la taille de la main d'un enfant de 4 ans.

Je n'avais que peu d'outils au début, mais des limes et des rapes, un peu de papier abrasif grain 80, et beaucoup d'huile de coude peuvent suffire. Depuis j'ai investi dans un Dremel pour accélérer un peu, notamment pour creuser la fente pour le lame et la fente arrière, plus large, pour la lentille.

J'ai ensuite percé le bois et la lame, et réalisé un rivet. Cette étape est délicate car l'axe doit permettre une ouverture facile mais assez ferme pour ne pas se déplier dans la poche. Normalement les rivets se font avec un marteau en forme de boule, afin d'éviter de tordre l'axe ou de fendre le bois tout autour du rivet. Je n'en avais pas, alors j'ai utilisé un vieux marteau rouillé et émoussé... et cela n'a pas trop mal marché !


Le bois de buis a été traité à l'huile de lin (mélangé avec de l'essence de térébenthine pour une meilleure pénétration) ce qui fait resortir ces veines, ces nœuds, lui donnant une couleur miel.


Ce petit couteau a vite élu domicile dans la poche de son propritaire haut comme trois pommes. Et même au restaurant avec les grands, il fait son effet !

"Merci Vinh !" me dit-on à l'oreille...

(cliquez sur les images pour agrandir)


Présentation de Julien

Pour ce premier message, je tenais d'abord à me présenter.
J'ai rencontré Vinh par notre passion commune pour la photographie, autour d'un vieil agrandisseur Priox très "vintage". Et au fil de son séjour au Vietnam, j'ai découvert que nous partagions également le gout des belles lames. Du grain d'argent au grain d'acier trempé il n'y a peut-être qu'un pas...

Vinh m'a donc proposé de participer à ses créations en réalisant quelques manches... enfin, j'ai reçu avant son départ un colis d'une quinzaine de lames !

De quoi occuper un long hiver enneigé.


Il m'a également envoyé quelques essences de bois, notamment du buis bien sec. Le buis est un bois utilisé souvent pour de petits objets au tour à bois, car il est particulièrement solide même pour des formes travaillées ne laissant que peu de matière. J'en profite d'ailleurs pour vous inviter à me contacter si vous avez des morceaux de bois sec (buis et noyer en particulier) dans votre entourage.
J'essayerai donc de poster régulièrement les manches conçus pour les lames que vous avez vu ces dernières semaines.
Julien (alias Edrahil)